Rechercher dans ce blog

Pages

welcome, willkommen, bienvenue

Vous êtes chez vous ici !
Here you are at home !
Hier sind Sie zu Hause !

vendredi 23 novembre 2012

L’insubmersible Souleymane Cissé


Le réalisateur malien était au centre d’une cérémonie de reconnaissance le 21 novembre dernier à Tunis.

Peu avant son départ de Carthage.
Souleymane Cissé n’est pas homme à se laisser marcher sur les pieds, encore moins à faire des compromis. Surtout lorsqu’il est question du cinéma en Afrique. Ce continent-risée de bien de cinéastes du Nord qui n’ont eu de cesse de le présenter sous son mauvais jour sans qu’il ne se trouve grand monde pour leur donner la réplique et ainsi sauver l’essentiel qui est que l’Africain est un être humain tout simplement, et pas un sous-homme ou que sais-je encore.
Lors de l’hommage que les Journées cinématographiques de Carthage ont tenu à lui rendre le 20 décembre dernier à Tunis, il n’y eut pas mieux que le documentaire que le Cambodgien lui a consacré en 1991, en pleine révolution populaire à Bamako. Une œuvre de haute portée dans laquelle le cinéaste malien exprime son postulat pour le 7è art et la place qui devrait être la sienne dans le cinéma mondial.


Et 20 ans plus loin, le héros du film jure ne pouvoir avoir grand-chose à ajouter sur ce qu’il disait en 1991. Ce qui démontre la justesse du geste de Rithy Panh, mais aussi et surtout l’importance du cinéma pour Cissé. Lui qui choisit cette forme d’art après avoir vu sur écran l’arrestation et l’humiliation du leader politique congolais Lumumba. Après des études en Union soviétique, il revient au pays où la cinématographie n’est pas la chose la mieux partagée, les politiciens n’ayant pas compris tout le bien qu’ils pouvaient en tirer. Contre vents et marées, il entame une carrière artistique qui le mène en eaux troubles dès son premier projet. Den Muso qu’il conçoit et réalise le mène ainsi en prison pour de sombre raisons pécuniaires et de paternité de l’œuvre.
Ce qui ne le décourage point, lui dont «le cinéma est né de la violence». Et même si au Mali, comme souvent en Afrique, le cinéma ne constitue que la portion congrue dans le processus de développement, il s’échine au travail, fier de montrer aux menteurs Blancs que l’Afrique n’est pas ce qu’ils ont montré jusqu’ici. Il le fait d’autant plus qu’il est animé de la certitude que «chaque peuple a le droit de représenter sa culture». Alors il réfléchit, peaufine des projets qui feront date (Yeleen, Waïti, etc.). projet pour lesquels, emporté par sa passion, il en vient à souvent négliger le scénario de départ pour se laisser pénétrer et guider par «les intuitions» procurées par le tournages en eux-mêmes.
Aussi, il aime à retourner dans la brousse ou dans un environnement où il est moins connu pour créer. En suivant son héros en son pays, Rithy Panh fait voir un Cissé très amoureux de sa terre et des siens ; un auteur parfois incompris mais respecté ; un perfectionniste infatigable et un optimiste à tout crin. Des dispositions que les échanges après le film ont renforcé participant à sacraliser ce personnage du cinéma africain qui n’était plus venu aux JCC depuis 1988 parce que les films primés n’étaient pas diffusés en Tunisie.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire